L’apprenti luthier et son 1er violon

A la fête de fin d’année 2017, sur le thème de la musique et des artistes, William propose de montrer les plans et le manche de violon qu’il est actuellement en train de sculpter au fablab Labsud.

 

« Depuis enfant, le projet de construire un violon m’attire. Ce domaine au savoir-faire artisanal si particulier, qui reste peu influencé par les nouvelles technologies, je n’avais jamais osé me lancer tellement la difficulté semblait insurmontable à travers la lecture de livres, forums… ».

D’abord une recherche bibliographique…

Finalement, après des mois de réflexions et de recherches bibliographiques afin de savoir comment s’y prendre (quels outils choisir, le bois, la technique artisanale, les différentes caractéristiques…), il se lance.

« Je me donne un an et un budget d’environs 500 € pour aboutir à un instrument fini, jouable.

Un violon n’est pas seulement un instrument de musique, un outil pour produire du son, il possède aussi une valeur symbolique, surtout quand on le construit de ses mains. Je souhaite donc beaucoup m’appliquer car il est peu probable que j’en construise un second dans ma vie, c’est un projet singulier et extra-ordinaire ».

La source bibliographique principale dont il s’inspire : le Manuel de lutherie à l’usage des amateurs de Paul Altenburger, un ouvrage assez complet.

… puis la CAO…

Afin de maitriser à la perfection les plans, de connaître chaque courbe, il décide de réaliser les plans de son violon en C.A.O (conception assistée par ordinateur) sur AutoCad 2015. : « Ce n’est, normalement, pas indispensable car le manuel de lutherie propose des plans qu’il suffit de mettre à l’échelle ».

Mais début septembre 2017, tous les plans en CAO sont prêts, ceux du manche, 1ère pièce du violon dans laquelle il se lance !

 

Pièce maîtresse pour le jeu car elle doit être confortable, pratique et solide pour la main du violoniste, la coquille (extrémité en forme d’escargot) est un élément d’artisanat d’art, « sorte de signature du luthier et de son école qui montre, par sa sculpture, l’habileté de l’artisan ».

Le travail du manche a débuté sur un bloc d’érable de faible qualité (peu cher, en cas de « ratés »). Ce ne sera pas le manche définitif. « Je réalise un manche du mieux possible dans ce bloc, j’apprends à maîtriser les gestes, à “prendre le coup de main”. Cela me permettra de réaliser le véritable manche dans le bloc d’érable final en évitant des erreurs de débutant que j’aurais commises sur le 1er. L’apprentissage par l’erreur ».

…puis la fraiseuse conventionnelle …

Dans un premier temps, il a fallu reproduire le tracé du plan C.A.O sur le bloc d’érable avec un gabarit à l’échelle.

Après des essais à la perçeuse à colonne, il choisit d’utiliser une fraiseuse conventionnelle : « Elle permet d’enlever de la matière de façon beaucoup plus efficace et contrôlée. Cela évite les erreurs et fait des tracés beaucoup plus précis : ce sera plus simple à affiner à la râpe et à la lime, plus tard. »

La suite au fablab…

Pour essayer le plus possible d’éviter d’acquérir des outils qui ne resserviront pas en dehors de la construction du violon, pour des raisons d’utilité et de budget, il a acheté le minimum, et maintenant vient au fablab Labsud « un lieu ouvert au public où il est mis à ma disposition toutes sortes d’outils. Moyennant un abonnement annuel de quelques dizaines d’euros, j’ai accès à l’outillage qui comprend, entre autres, une scie à chantourner, une fraiseuse conventionnelle, des limes, râpes, étaux, ciseaux à bois… ».

Déjà plus de 60 heures de travail…

En comptabilisant les heures depuis le début de la création des plans en C.A.O., il y a eu plus de 60 heures de travail et « pour l’instant, j’ai fait quelques erreurs (heureusement rattrapables !) avec le maniement des outils pour dégrossir et affiner les courbes du manche.

Cependant, je ressens déjà des progrès dans la maitrise des outils et j’évite autant que possible les dérapages ».

 

Pour suivre l’avancée du projet, suivez William sur son article et ses photos mis en ligne en septembre et octobre 2017 : https://medium.com/@willbouquine/le-commencement-journal-dun-apprenti-luthier-2984b7fa90c2

 

Egalement : vidéo « Journal d’un apprenti luthier #1 » sur
 https://www.youtube.com/watch?v=Y_6j1G9H0vc

*photo sur http://collectionsdumusee.philharmoniedeparis.fr/doc/MUSEE/0161228/violon-dit-le-sarasate

William Agay-Beaujon – Article résumé par Odile Maillard, Fablab Labsud

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