La Kaz a Bonèr… La Maison du Bonheur

Étant donné que je suis intéressé par les transferts digital-réel, j’ai travaillé à partir d’un montage de photos vectorisées que j’ai ensuite transformées en pochoir à l’aide des machines du fablab LABSud de Montpellier…

« Dans l’idée de faire un cadeau pour mon frère et sa compagne, qui venaient de s’installer à la Réunion… Je cherchais à faire un élément décoratif à afficher à l’entrée de leur appartement pour accueillir les visiteurs.

J’ai choisi le style toile de jute (voir ci-dessous, ou chercher « burlap art » sur Google Images) parce que j’aimais ces associations à l’agriculture et au café, ainsi que son côté rustique. Le côté monochrome était également un grand atout pour le travail au pochoir.

 

Inspiration à partir d’une toile de jute…

 

 Pour ce projet, j’ai eu besoin de…

Logiciels utilisés : Photoshop – Illustrator.
Machines du fablab utilisées : Découpe laser – Plotter vinyle.Équipements : l’space de travail (grande table à côté des CNC; l’xtérieur du Lab, et de petits matériels comme du scotch ou des gants.

 

Les principales diifficultés 

J’ai passé de nombreuses heures sur la composition de l’image. Je cherchais une image finale marqueante mais équilibrée.
J’ai résolu cela en y passant beaucoup de temps, et notamment en jouant sur les paramètres dans la vectorisation des images.

 

Différentes phases du processus de vectorisation. Il y a des différences radicales.

.

 

Du point de vue de la réalisation, j’ai fait face à une courbe d’apprentissage sur la technique de la peinture à la bombe et celle de l’usage d’un pochoir.

–         Il est notamment important que le pochoir soit bien plaqué à la jute et au support, ou sinon les bords bavent et deviennent flous.
Pour se faire, la colle en spray ou en bâton n’a pas assez bien fonctionné sur la jute à mon goût : après essai, j’ai tout simplement décidé d’agraffer mon pochoir sur celle-ci et le support. Comme j’avais de nombreuses zones de détails, j’ai utilisé environ 500 agrafes.

–         D’autre part, après test, j’ai choisi de ne pas utiliser de primaire. J’ai trouvé le résultat trop grossier et épais (il empêchait mon pochoir de bien se plaquer pour la seconde couche) et m’en suis passé par la suite.

–         En termes de matériau pour le pochoir, le MDF fin que j’ai d’abord tenté s’est révélé trop épais (il ne se plaquait pas bien à la jute).
Le vinyle, quant à lui, se déchirait et collait mal à la jute, en plus d’être difficile à manier en ce qui concerne les détails.
J’ai donc utilisé du papier carton, facilement passable à la laser et trouvable en grand format pour peu cher chez le Géant des Beaux-Arts, par exemple. Attention, il gondole facilement.

–         Enfin, la difficulté la plus importante est née des « islands », ces zones devant être masquées mais non reliées au pochoir principal.

La solution traditionnelle face à ces zones est de créer des ponts qui les relient au pochoir principal,  mais je n’ai pas souhaité compromettre mon image.

 

Les 2 600 esquisses ou « islands ».

 

Après avoir envisagé de coller toutes ces « islands » individuellement (impossible car il y en avait plus de 2 600 et celles-ci étaient petites !), j’ai donc collé les principales et passé ma peinture, puis fabriqué un contre-pochoir sur lequel j’ai appliqué une couleur semblable à la jute.
Le résultat n’est pas parfait, mais il m’a convenu.

 

 

Petits « islands » peints en couleur similaire à la jute.

 

NB : Il est à noter qu’un tel contre-pochoir peut également être utilisé en préalable à la première couche, à l’aide d’un liquide nommé gomme de masquage (utilisé par exemple en aquarelle). Celui-ci coagule et bloque la peinture, et s’enlève facilement une fois celle-ci sèche. Néanmoins, cette solution ne fonctionne pas bien sur de la jute, car elle coule à travers le maillage, et le reste s’accroche et abime les fibres.

–         De petites zones de détails faiblement reliées au pochoir principal se sont également déchirées ou abimées sur mon papier carton. J’ai simplement passé de la peinture à la main (ou plutôt au coton-tige sur les détails les plus importants en finition).

 

Les principales étapes : 

 

Pour la réalisation de mon projet, j’ai opéré ainsi :
1 – Choix des images et définition d’une idée générale de composition;
2 – Travail des images sur Photoshop afin de faciliter la vectorisation monochrome (conversion en noir et blanc, travail des niveaux, travail de détail pour mettre en valeur ou cacher certaines zones, usage de la fonction « Seuil » pour avoir un aperçu du résultat);
3 – Vectorisation sur Illustrator;
4 – Composition finale;
5 – Passage à la réalisation, nombreux essais;
6 – Découpe du pochoir final, plaquage de celui-ci et peinture de la première couche;
7 – Découpe du contre-pochoir, plaquage de celui-ci et peinture des « islands »;
8 – Peinture des finitions.

 

 

 

Au final…

Il s’agit d’un bandeau de jute d’à peu près 1 m de large * 0,5 m de haut, plus un petit bandeau de même largeur et d’environ 0,3 m de hauteur.

On voit – sur le bandeau principal, en monochrome noir –  mon frère et sa compagne au premier-plan, et une route avec paysage de montagne en arrière-plan.
En haut de la toile, il y a écrit en gros « Bienvenue ».

Sur le petit bandeau, qui se situe en dessous, on trouve le titre « La Kaz a Bonèr » (« La Maison du Bonheur » en créole réunionnais), ainsi qu’un petit gecko et un symbole en couleur pour chacun des deux personnages ».

 

 

Rédaction et photos : Pierre-Olivier

Mise en ligne : odile Maillard, LABSud

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